Pâquerette
« Pâquerette, Pâquerette tu as une goutte d’eau sur ta collerette, et tu plies un peu ton dos… Pâquerette, Pâquerette quand le soleil nouveau viendra-t-il chauffer ta peau ? »
C’est ainsi que commençait une contine enfantine de l’école maternelle, qui reste dans ma mémoire… Comme quoi certains mots restent, plus aisément que d’autres…
La Pâquerette comme Éric vous le partage dans l’édito, fleurit au moment de Pâques d’où son soi-disant son nom…. Elle montre son nez dans nos vallées Alpines, depuis plus de 15 jours.
Appelée parfois l’arnica des jardins, elle peut lui être substituée à celle-ci en cas de manque ou de protection de l’espèce. Il est a noté que si son premier fleurissement se fait en mars avril, en fonction de la météo, elle a une floraison longue qui s’étale de mars à octobre
ÉTYMOLOGIE
Son nom scientifique est a lui seul un poème : Bellis perenis qui signifie : belle, gracieuse ; Bellis vient de Bellus en latin ; et perenis veut dire vivace, pérenne ou pour toujours ; d’où « l’éternellement belle »…et son grand usage en cosmétique.
Nous y reviendrons plus loin.
Il y a une autre interprétation qui pourrait venir de bellum la guerre, en raison de sa présence fréquente sur les champs de bataille et son utilisation pour soigner les blessures de guerre, souvent profonde, les ecchymoses, les chocs, les douleurs musculaires….
La Pâquerette peut sembler être une pâle copie de la marguerite, la taille de la marguerite impressionne plus cela est évident, mais Pâquerette n’est pas en reste malgré sa petite taille.

Photographie Simone Sarah Chabert – droits de reproduction voir avec l’autrice
UN PEU DE BOTANIQUE
Elle est pimpante au soleil et se ferme dès qu’il fait gris, sa rusticité est étonnante, elle pousse principalement dans des prés gazonnés à herbe courte. On peut la trouver à plus de 2500m d’altitude.
La pâquerette n’est pas à proprement dit une fleur, c’est en fait une fleur de fleur, le centre jaune est composé de fleurs qui portent le nom de tubules, les « pétales » blanc sont des fleurs de type ligules. Les ligules sont là pour permettre aux volants d’atterrir pour butiner et polliniser d’ailleurs elles ne portent le plus souvent qu’une étamine. Les tubules, elles contiennent deux étamines est un pistil et c’est elle à qu’il incombe le travail de faire des graines si la pollinisation est optimale. De fait la pâquerette, l’arnica ou la marguerite appartiennent à la même famille celles des Astéracées, anciennement les composées.
LA PLANTE
La racine est un rhizome rampant brun avec de nombreuses racines fibreuses et blanches
Une tige unique par fleur, légèrement duveteuse et sans feuille de 5 à 15 cm environ
Les feuilles sont en forme de raquettes de Jokari parfois dentelée sur le haut et poilues ; avec un pétiole ailé : large et plat. Elles ont une nervure centrale visible et sont regroupées en rosette basale.
La fleur donc est un capitule, les ligules blanches à l’intérieur, sont généralement teintées de rose vif à rose pourpré à l’extrémité externe. Ce qui est bien visible quand la fleur est en bouton. La fleur se ferme la nuit
Le fruit est un akène compact ovoïde.

Photographie Simone Sarah Chabert – droits de reproduction voir avec l’autrice
Quelques éléments de composition chimique
On trouve dans les fleurs des saponines dont la bayogénine, des tanins (astringeants) des flavonoïdes (comme l’anthoxanthine, et l’apigétrine), des huiles essentielles (riches polyactylènes), et des mucilages.
Les essences, saponines (dont la bayogénine), tanins flavonoïdes mucilage qu’elle contient lui donne un spectre large, avec ses 2% de protéines, des glucides, du carotène, de la vitamine C (la même quantité que le citron pour 100g) elle pourrait avoir plus de place dans la pharmacopée actuelle.
Elle régule le calcium dans le corps, et est utile pour l’arthrose, la décalcification, l’artériosclérose, les nodules calciques…
PROPRIÉTÉ
Traditionnellement (tout auteurs confondus) elle est utilisée comme anti-inflammatoire et expectorante. Elle soigne les plaies récalcitrantes, les ecchymoses, comme les hémorragies et lutte contre l’hypertension et l’artériosclérose. On peut y ajouter des vertus hépato-stimulantes.
En Médecine Traditionnelle chinoise elle est une véritable aide pour les problèmes de type Métal (poumons/gros intestin), et de blocage du bois.
Affections cutanées douloureuses, eczéma et psoriasis, son macérât huileux est intéressant pour tonifier la peau du buste du ventre, et pour réduire les vergetures. Il raffermit les chaires : décolleté visage et tout tissus cutanés. Il peut aussi s’intégrer à un gel en proportion 1/10 tout comme sa teinture.
Utilisé en cas de choc, elle aide à résorber les coups, ainsi que divers bosses et bleus (en y ajoutant une ou deux gouttes d’HE d’hélichryse). Elle apaise les peaux irritées, par frottement, grattage, inflammation locale, etc.
Soulageant l’hypertension elle réduit les maux de tête les étourdissement et l’insomnie.
Elles peuvent être utilisées pour activer une absence de règles en association avec de l’Achillée blanche ou rose. Leurs jus ou leurs feuilles broyées étaient utilisés en cataplasmes pour soigner les blessures.

Photographie Jean Burner extraite du livre « les fleurs de Belledonne » Merci au Photographe
Macérât de Pâquerette
Vous en trouverez maintes recettes, ici on va rester sur une base simple.
Il nous faudra des fleurs bien sèches, sans rosée contrairement à un élixir floral, que l’on continuera à sécher 12 à 24 h maximum, dans un espace ventilé sans lumière directe du soleil ou de la lune.
Après avoir ébouillanté et bien sécher un bocal, le remplir au 2/3 de fleurs voir ¾, il faudra les couvrir d’une huile végétale, cela peut être un mélange amande douce et noisette (non toastée) , l’avantage de cette dernière c’est son affinité avec la peau.
Puis vous laisserez en macération à température ambiante au moins 3 semaines, voir 4. L’idéal serait de cueillir un dimanche et de sortir de macération le 5è dimanche suivant… là un cycle lunaire sera accompli. Bien sûr il faudra que votre pot soit aussi à l’abri de la lumière directe du soleil ou de la lune.
Certains nomment cette « huile magique » lui donnant des effets galbants, raffermissant, pour le ventre (elle était utilisée il y a deux siècles pour réduire les vergetures de prise de poids ou de suite de grossesse).
Elle aide à la réparation de tous les tissus abîmés, les inflammations de peau avec quelques gouttes de HE Lavande Séville
C’est aussi une huile « anti choc » proche de celle d’arnica, elle résorbe les marques de coups ou les hématomes, comme ceux dans la face interne des jambes après ablation de varices…
On peut l’appliquer avec soulagement sur les muscles tendus après le sport, elle permet une meilleure récupération avec une goutte d’HE d’eucalyptus citronné. Également sur les courbatures, associée avec une goutte de HE de lavande fine et une de Sauge sclarée. Elle aide à la récupération après l’effort comme un déménagement ou après trois jours de jardin, comme c’est le cas pour les jardiniers du « Couvet des fleurs » en ce moment…
Teinture mère
On peut en réaliser également une teinture mère de fleurs et feuilles fraiches, qui est un base homéopathique importante. On peut aussi diluer la TM sur une compresse d’eau chaude, pour la poser ensuite sur des zones de peau abîmées
Infusion
Une cuillère à café de plante sèche pas tasse d’eau bouillante, que l’on laisse infuser une dizaine de minutes pour tout ce qui est problématiques internes
Le jus
Il était utilisé par les légions romaines sur les champs de bataille comme hémostatique.

Photographie Simone Sarah Chabert – droits de reproduction voir avec l’autrice
L’élixir floral
C’est une plante qui est souvent utilisée en élixir pour revenir en soi, se ré-intérioriser quand il y a une sensation de dislocation physique ou psychique et pour « se rassembler » au cœur de notre Être, qualité peut être issue de son héliosensibilité.
C’est aussi une plante d’encrage elle permet de réaliser des projets, de les mettre dans le concret. Elle apporte du discernement et de la compréhension, en particulier quand on a la sensation que des choses nous échappent sur un plan intellectuel.
EN PLUS
Sa nature spontanée porte l’innocence et le blanc intérieur de ses ligules nous parle de la pureté, de nettoyage en lien avec sa baro-sensibilité à la pluie.
On dit d’elle qu’elle rassemble « ce qui est épars » (une qualité du 3è monde, et peut être des radiés au sein de la famille des astéracées).
EN CUISINE
Ses fleurs se consomment aisément sur les salades, attention d’avoir une sauce peu forte pour apprécier toutes les saveurs subtiles des pâquerettes où les notes de noisettes se fondent dans un piquant léger, voire légèrement poivré en fonction de leur maturité.
On peut également les mettre au vinaigre comme des câpres quand elles sont en boutons.
Quant à ses feuilles elles ont un peu la texture de celle du Myosotis ou de la Valérianelle, qui toutes comestibles, proche de la mâche et fort agréable en salade. Cela combat la constipation opiniâtre.
Bien qu’un peu plus acide, peut-être, elles peuvent être consommées cuites, mélangées avec d’autre salade sauvage comme le Chénopode Bon Henry et des feuilles de Berce, pour en faire des tourtes vertes au fromage frais…
LÉGENDES
Ovide rapporte que dans un mythe romain, le nom de Bellis avait pour origine celui d’une dryade du nom de Belides qui pour se soustraire à des avances, s’était transformée en Pâquerette.
Une autre légende Chrétienne celle-ci, dit que Pâquerette serait née des larmes de Maria Magdalena, face au tombeau vide du Christ….
Ici en montagne il est dit que son nom vient du vieux français « Pasquier » qui signifie pâturage, d’où elle est issue…. Le S s’étant transformé en accent circonflexe….

HISTORIQUE
Au Moyen Age on la considérait comme une panacée. Cazin confirme qu’elle a jouit autre fois d’une grande réputation. Il l’utilisait en macérée dans du vin blanc (2 poignées par litre) et proposait d’en « boire un verre à liqueur chaque matin pour dissiper les maux de tête, les suites de chutes, les coups, les commotions cérébrales, les rhumatismes, la gravelle, l’hydropisie, les engorgements viscéraux »… il proposait aussi d’employer le suc de la plante fraiche.
Schroeder et Garidel l’utilisait pour « lâcher le ventre » à l’instar des pruneaux.
Phyllotaxie (ou disposition des feuilles, plus rarement fleurs et graines)
Plante à phyllotaxie dextre, l’angle de divergence est de 3/8 de circonférence. Cela pourrait nous parler 3è et 8è monde.
Pour le troisième, une de ses phrases est rassembler ce qui est épars…. ce monde lié à saturne est lié aussi à la peau dont elle est une grande réparatrice…
Pour le huitième monde cela semble moins évident bien que les capitules soient en fait une communauté ou tout le monde échange, ce qui est un des principes de mercure gouvernant le 8 è monde. La Pâquerette est aussi présente longtemps en saison, et à certains endroits toutes l’année. Elle n’aime pas la neige et peut disparaitre mais elle semble jouer l’intermédiaire entre les floraisons des autres espèces, donnant une note de pérennité.
Des recherches récentes sur Bellis perennis ont démontré des effets antimicrobiens et hypo-lipidémiant.
Les pâquerettes survivant aisément à une tonte rase, ont amené cette phrase au raz de pâquerettes, c’est-à-dire au raz du sol, ce qui fut associé ensuite au manque d’intelligence…